Gestion des Risques et Développement Territorial

Gestion des Risques et Développement Territorial

Gestion Stratégique : Risques et Épanouissement Territorial

Au croisement de la Gestion des Risques et du Développement Territorial se dessine une confluence stratégique, explorant habilement l’harmonie entre la réduction des risques et la conception éclairée de l’évolution spatiale. Dans ce terrain intellectuel complexe, où s’entremêlent les défis des risques émergents et la nécessité de planifications territoriales perspicaces, émerge une discipline essentielle. Ce site académique dédié à la Formation Doctorale en Gestion des Risques et Développement Territorial sert de carrefour dynamique, stimulant les dialogues et inspirant des approches intégrées pour un développement territorial résilient.

Pr. Mohamed HADDY

Docteur d’État en sciences politiques

Mohamed Haddy est Docteur d’Etat en Droit, de l’Université Paris XI. Il est professeur de l’enseignement supérieur à l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme, à l’Ecole Nationale d’Administration, à l’Institut Royal de l’Administration Territoriale de Kénitra et à la Faculté de Droit Rabat-Agdal.

CERRIT

Centre d’Etudes et de Recherches sur les Risques Territoriaux

Le Centre d’Etudes et de Recherches sur les Risques Territoriaux (CERRIT) est suite texte lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua. Ut enim ad minim veniam, quis nostrud exercitation ullamco laboris nisi ut aliquip ex ea commodo consequat. Duis aute irure dolor in reprehenderit in voluptate velit esse cupidatat non proident, sunt in culpa qui officia deserunt mollit anim id est laborum. (en savoir plus)

Ouvrages

13 décembre 2024ArticlesIntroduction Que restera-t-il, aujourd’hui, de l’homme,  et que restera-t-il de la dignité humaine, si l’homme se laisse perdre son « être » en faveur de son « avoir » ; alors que l’avenir dépend, de plus en plus, de connaissances, de plus d’informations scientifiques et technologiques et d’énormes dépenses en recherche et développement. Cependant, les misères scientifiques et technologiques règnent en maître absolu ; et ce virus létal émousse l’expression d’un pluriel culturel -principal levier de développement- pour ne laisser place qu’à un mouvement uniformisant qui met l’homme en péril.  La culture constitue une rencontre et un échange entre les populations et c’est aux pouvoirs publics qu’échoit la responsabilité  de garantir l’accès à la culture, sans pour autant qu’il s’en approprie la création ; le pouvoir doit, surtout, lui permettre de s’exprimer, en tant que programmation mentale collective, comme ce tout ce qui reste quand on a tout oublié. La culture constitue une écriture de l’espace et participe à la création de nouveaux rapports sociaux sur le territoire, au sens d’une réalité matérielle et idéologique qui résulte d’un travail permanent, à chaque fois renouvelé ; alors qu’actuellement, l’atomisation et le domptage des populations ont transformé l’homme en une marchandise négociable et ce, aussi bien dans son rôle que dans ses besoins.  Cependant, parce que la culture constitue une arme et non une solution, elle doit se démarquer du registre des culturosités sauvages, celles des  groupes  exclusivistes, xénophobes et nihilistes. Sachant que la culture –concept pluriel- constitue un outil fondamental d’intégration des populations, en ce sens qu’il positive les différences. Quel avenir, alors, est celui de la culture ? Comment la diversité culturelle peut-elle s’imposer à la globalisation des économies et des systèmes politiques ? Et si, aujourd’hui, la culture tend toujours à résister à la globalisation, qu’en sera-t-il demain ? Les particularismes culturels sont-ils condamnés à disparaître, sinon quels pourraient être leurs armes de résistance ? Dans le contexte actuel, globalisé, les cultures deviennent des productions marchandes et la loi du marché se chargeant de trier les plus rentables d’entre-elles ; Et dans cette ambiance ambivalente, les populations ne savent plus s’ils doivent tendre vers une modernité à référents minimaux ou se confiner dans leurs valeurs vernaculaires ? Doivent-elles adopter les caractéristiques d’un « vivre » ou plus précisément d’un mal-vivre épidermique et uniformisante, en se claustrant dans les champs de l’impensée et du conformisme apocryphe ou s’en démarquer pour explorer d’autres possibles ? Sachant que « si la nature a horreur du vide, l’homme a horreur du plein ». Diversité culturelle L’homme est loin des stabilités civilisationnelles, depuis que le fleuve de la situation présente a accueilli dans son lit des hôtes encombrants, notamment la globalisation, l’individualisme et ses violences obscurantistes qui se sont engouffrés dans son cours et l’ont dévié au loin ; et depuis qu’il a oublié que l’interculturalité est l’apanage de la diversité et non celui des milieux exclusivistes. De même, la culture pallie toujours la menace de l’isolement et voudrait la juguler par une mémoire qui éclaire, qui explique et qui donne sens aux  changements. De même, la culture constitue le carburant et le réservoir de sens, du fait que la dignité ne s’hérite pas et parce que les hommes ne sont pas réductibles à leur identité physique et matérielle. Aussi, la prise en compte  de la diversité des cultures constitue une condition incontournable du développement et à l’équilibre d’une société intégrée. En effet, les tensions dissociantes, les drames annihilants et les conflits paroxystiques ont, souvent, pour origine l’escamotage culturel que l’on tente de remplacer par le technicisme et l’économisme ; et  à force de dédire et de déjuger l’identité et la culture comme des stigmates, on finit par sombrer dans l’anomie sociétale. En fait, la culture n’est jamais le résultat d’une contrainte brutale, tout comme elle n’est jamais le résultat d’une quelconque technologie d’importation dont les bénéfices et les modes d’emploi sont univoques. En effet, l’histoire est discours et elle serait incompréhensible par quiconque ne comprendrait pas la culture dans laquelle les gens pensent, parlent et décident, sans pour autant dériver vers la novlangue de Georges Orwell, à savoir utiliser la culture délibérément, dans le sens d’induire en erreur et de falsifier la réalité. La culture se déploie, depuis toujours avec plus de transparence, plus loin et pour longtemps ; alors que la novlangue fait figure d’un stratagème, avec moins de transparence, moins loin, et moins longtemps.  Les discours sur la culture ne cessent de se multiplier dans une grande profusion et non moins dans une profonde confusion. Il faut savoir que la culture existe et sa turbulente fécondité inscrit l’homme dans une dynamique à chaque fois renouvelée, à l’effet de le libérer des chaines et des contraintes que lui impose son environnement. A cet effet, la culture ne doit pas se fonder sur la division de la société en catégories distinctes, cloisonnées et opposées, en « cultirophiles » dominants et prédateurs et en « cultirophobes » dominés et exclus. Elle doit viser, au contraire, la refondation sociale qui suppose l’inclusion du plus grand nombre ; d’ailleurs, pour produire l’action collective, il faut agir, pour que le territoire cesse d’être un instrument de pouvoir et un outil de domination. La culture, réceptacle de la mémoire collective, est menacée par le mouvement d’unidimentionalisation ; sachant que la mémoire collective retrouvée et libérée, par la culture, permettra de se prémunir contre des thèses controuvées-mais tant galvaudées- du consensus, comme machine à éluder les conflits, de l’asymétrie, de l’artificialité  et du simulacre comme instruments de renforcement des inégalités sociales. Tout comme il faut savoir que l’homme ne pourra jamais se réaliser dans une société, aux effets, prétendument, rassurants et où les mythes bornent les cauchemars de la matérialité ; alors que la réalité est celle d’Ivan Illich : « jouissons consciemment, rituellement, avec toutes nos misères et toutes nos souffrances. C’est le meilleur antidote aux souffrances». Capital culturel L’altérité et la qualité de la relation à l’autre sont violemment malmenées par des conséquences iniques de développementalisme ; alors que le véritable développement doit constituer l’enjeu majeur pour que chacun trouve la place qui est la sienne ; Or dans la société actuelle, pendant que s’affirme la libre circulation des biens matériels, celle des hommes se rétrécit ; société qui les traite plus comme des objets corruptibles, que comme des citoyens libres et critiques. Un tel double discours est, désormais, intenable et de telles affabulations ne servent qu’à blanchir le système néolibéral des souillures qu’il produit  et de maquiller ses traces les plus rémanentes de la surexploitation systématique de l’homme. Le capital culturel, lui-même pluriel, désigne en général les ressources, les réseaux, les normes, les valeurs, les habitus… qu’une société met à la disposition de ses membres pour tisser entre eux, des liens sociétaux et coopérer à l’élaboration du bien commun. Ce capital a, toujours, des dimensions individuelle et collective, ainsi que des dimensions privée et publique, en ce sens que les réseaux sociaux reposent sur des obligations mutuelles qui produisent une réciprocité générale plus efficiente. Par ailleurs, le capital culturel représente, aussi, l’ancrage sur lequel s’appuie la société pour se transformer et évoluer ; il devient une manière de penser, d’agir et d’être, permettant la réappropriation des richesses immatérielles par les membres de la société. Les connaissances, les solidarités et la créativité sont ainsi, des paradigmes qui aident les acteurs à repositionner leurs stratégies et ce, à l’effet de disposer d’un territoire cognitif et d’un espace d’intelligence; aussi, pour parer les risques d’étiolement et d’extinction des aires culturelles, des exigences doivent être réunies, à savoir une mobilisation de tous les acteurs locaux, une autonomie locale dans la gestion, une intégration progressive des individus, une harmonisation des intérêts et à chaque niveau, la confiance doit être préservée et régénérée. D’aucuns pensent que le capital culturel s’érode du fait du changement de la structure familiale, de l’influence des gouvernements et  de la pression du temps et de l’argent ; et que le lien social ne cesse de se décomposer, du fait du remplacement de l’affect et de l’humain par le contractuel. En outre, le capital culturel favorisera la rencontre, dans le cadre d’activités diverses, entre les « anciennes » et les « nouvelles » populations pour s’adapter aux nouveaux besoins ; ce capital contribuera, par ailleurs,  à créer une vie dynamique et constituera un facteur d’attractivité qui permettra la mobilisation sociale, le développement des compétences organisationnelles et institutionnelles ainsi  que la promotion des initiatives proactives. Culture Le véritable courage consiste à résister au mal et à combattre l’injustice en prenant le risque de mourir pour ne pas tuer, alors que la lâcheté est de tuer pour ne pas mourir. Si le premier sens du mot culture est agriculture, le deuxième sens du mot signifie culte, c’est-à-dire honorer, vénérer, admirer. Par ailleurs, pour affirmer son identité, l’homme se réfère toujours aux valeurs qui fondent sa propre culture et sa propre civilisation ; mais chaque culture dominante a propension à absolutiser l’autorité qu’elle secrète et l’histoire montre que chaque communauté, au nom de ses propres valeurs et de l’impose aux autres. En effet, le propre de l’idéologie dominante est de s’arroger les privilèges de l’universalité et de prétendre atteindre l’universel par la puissance, la conquête et la domination. Le véritable courage réside dans le fait de faire l’effort de mieux connaître les autres et de mieux les comprendre, pour découvrir ce que chacun renferme de grandeur et de noblesse. Cependant, l’idéologie de la violence qui domine les cultures tend à araser et à effacer les différences et à faire apparaître des similitudes effrayantes. La sagesse réconcilie toujours l’homme avec lui-même et avec les autres ; c’est là une alchimie qui réunit l’universel et le singulier pour exprimer dans sa sérénité la beauté tragique de l’existence et pour exprimer interrogations, les quêtes ; les requêtes, les angoisses et les espérances de l’homme. Une véritable culture n’humilie jamais ceux qui se trouvent dans son orbite, du fait que le capital culturel est transcendantal et qu’il n’est limité par aucune norme extérieure ; sachant qu’une culture humiliante ou perverse est une culture imparfaite. Cependant, le terme culture est souvent utilisé dans le sens de « haute culture »par rapport à absence de culture ou « basse culture », alors que la distinction entre les cultures n’est qu’un subterfuge qui masque les velléités de la domination. En fait, la culture n’est pas une question de contenus, mais de possibilités d’expression, elle est sémiotique et elle constitue une extension du concept de langage qui permet de couvrir les systèmes de signes et de symboles disponibles dans une société. Par ailleurs, il faut se garder d’appréhender la culture, exclusivement,  au travers des stéréotypes pour ne pas risquer de lui donner un poids disproportionné aux caractéristiques négatives d’un groupe ; d’ailleurs, toute pensée fondée sur des stéréotypes est assimilée à une pensée raciste qui privilégie l’innéité : la presse des noirs, l’esprit sournois des juifs, la cruauté des turcs, la saleté des arabes, l’absence d’humour des allemands sont autant des traits négatifs dont il faut se départir, même si d’autres stéréotypes sont positifs, notamment le sens du rythme des noirs, l’ingéniosité des juifs, le sens de la famille des arabes, le courage des turcs, l’efficacité des allemands… En tout cas, les stigmates excluent toujours de la société, voire de l’humanité ceux qui les portent. L’homme est essentiellement un être de culture, ce qui lui permet de s’adapter à son milieu et d’adapter celui-ci à lui-même, à ses besoins et à ses projets ; d’ailleurs, la nature chez l’homme est, essentiellement, interprétée par la culture, sachant que la culture ne se décrète pas, elle relève de processus complexes, le plus souvent inconscients, mais nommer les choses n’est-il pas à la fois poser le problème et commence déjà à le résoudre. Ainsi, la culture est un mouvement qui est loin d’être achevé et il imprègne toute la société. La culture relève de l’âme, du génie d’un peuple ; et la nation culturelle –qui procède de la nation politique- apparait comme un ensemble de conquêtes artistiques, intellectuelles et morales. D’ailleurs, la culture se caractérise par sa dimension collective. L’ethnocentrisme est le terme technique, selon lequel un groupe se constitue comme le centre et tous les autres groupes sont mesurés et évalués par rapport à lui ; mais l’homme a, toujours, du mal à vivre la diversité culturelle. Par ailleurs, la culture peut résulter d’un fédéralisme culturel qui permet l’expression de cultures particulières qui ne sont pas la pure et simple reproduction des cultures d’origine, mais une réinterprétation de ces cultures, en fonction du nouvel environnement social et national de la personne concernée, du fait que chaque culture forme un système dont les éléments sont interdépendants. Ainsi, il est exclu d’étudier ces cultures séparément, d’autant que la culture n’existe pas comme une réalité en soi, en dehors des personnes qui la portent. Ainsi, l’homme et la culture sont deux réalités distinctes mais indissociables qui agissent l’un sur l’autre et on ne peut comprendre l’un que dans son rapport à l’autre. Tout comme il faut savoir que personne ne peut synthétiser sa culture d’appartenance et personne n’a une connaissance complète de sa culture ; chaque individu ne connait de sa culture que ce qui lui est  nécessaire pour se conformer à ses divers statuts pour jouer les rôles sociaux qui en découlent. Le culturalisme qui conçoit la culture comme une réalité en soi, est accusé de présenter une conception statique de la culture ; alors contrairement à ce que pensent les culturalistes, il n’existe aucune stabilité culturelle et que la culture s’explique par le jeu des variations individuelles, du fait que l’homme est fonction de son histoire singulière qui interprète la culture d’une façon particulière. La culture est donc un ensemble de systèmes symboliques au rang desquels figurent le langage, les règles matrimoniales, les rapports économiques, l’art, la science, la religion ;  et les phénomènes dits contre-culturels par la culture des dominants ne sont pas des cultures inférieures et loin d’affaiblir la culture, ils participent à son renouvellement et à son développement. Cependant, si toutes les cultures méritent la même attention et le même intérêt, cela ne permet pas d’en conclure qu’elles sont toutes socialement reconnues de même valeur ; sachant que la culture n’est jamais homogène, mais elle n’est pas pour autant incohérente. Le mot culture renvoie à une question fondamentale du comment l’individu devient-il membre à part entière de sa société et comment est produite son identification à celle-ci ? En effet, la socialisation dont la famille est le premier agent socialisateur, joue un rôle prépondérant ; et cette socialisation peut être comprise comme une véritable fédération de tous les membres de la société et celle-ci n’est jamais ni parfaitement réussie ni achevée. Elle est un processus sans fin dans la vie de l’individu. Beaucoup emploient le mot acculturation pour exprimer une perte de la culture. Dans acculturation le préfixe « a » n’est pas privatif, il provient du latin « ad » qui indique un mouvement de rapprochement. L’acculturation est donc l’ensemble des phénomènes qui résultent de contacts continus entre des groupes de cultures différentes et qui entraînent des changements dans leurs cultures initiales. Il ne faut pas cependant confondre acculturation et assimilation, laquelle signifie la disparition totale de sa culture d’origine et l’intériorisation complète de la culture du groupe dominant ; aussi, les faits de syncrétisme et de métissage culturels doivent être replacés dans leur cadre de structuration ou de déstructuration sociales, pour que cela ne débouche pas sur des ethnocides. L’acculturation n’est jamais à sens unique et elle reste partielle, fragmentaire et bien souvent, elle est un échec ; tout au plus elle se ramène à une simple déculturation. Ainsi, toute culture est un processus permanent de construction, de déconstruction et de reconstruction et du fait que la culture constitue une construction synchronique qui s’élabore, à tout instant, à travers ce triple mouvement. Mais, toutes les cultures sont à des degrés divers mixtes, syncrétiques, faites de continuités et de discontinuités ; même quand elles accentuent leurs différences pour mieux s’affirmer et se distinguer les unes des autres. Le syncrétisme est assimilé à la contamination de la pureté originelle, à un assemblage d’éléments hétérogènes. La consommation de la culture par les médias conduit à un nivellement et à une uniformisation culturels et dans cette perspective, les médias accentuent l’aliénation, ce qui conduit à l’annihilation de toute capacité créative chez l’individu. Une série de télévision américaine comme Dallas qui a connu un succès quasi mondial, depuis les bidonvilles de Lima au Pérou, jusqu’aux dans les bourgades les plus éloignées du Maroc, n’a pas été compris de la même ici ou là, dans tel ou tel milieu social. Aussi standardisé que puissent être les produits d’une émission, sa réception dépend des particularités culturelles de chaque groupe. Alors, la globalisation de la culture n’est pas pour demain, car l’humanité n’en finit pas de produire de la différence culturelle. Il faut savoir que la véritable mondialisation, loin d’appauvrir l’invention culturelle, d’uniformiser la pensée et les pratiques, elle favorise l’expression de formes inédites de l’imagination collective. En effet, les différences culturelles s’observent jusque dans les pratiques les plus ordinaires. L’habitus est ce qui caractérise une classe ou un groupe par rapport aux autres qui ne partagent pas les mêmes conditions sociales ; matérialisation de la mémoire collective ; il permet aux populations de s’orienter dans l’espace social qui est le leur et d’adopter des pratiques qui sont en accord avec leur appartenance sociale. Le mot latin habitus est la traduction du grec « hexis » ; il s’agit d’une conception du monde social qui assurerait la pure reproduction sociale. Si la culture relève en grande partie de processus inconscients, l’identité relève d’une norme d’appartenance consciente, car fondée sur des oppositions symboliques. L’identité repose sur un sentiment d’appartenance en quelque sorte inné, elle définit le sentiment de façon stable et définitive ; en effet, il n’y a pas d’identité en soi, elle est toujours un rapport à l’autre et cette identification va de pair avec la différenciation. Aux USA, le groupe dominant WASP (White Anglo-Saxon Protestant) classe les autres Américains dans la catégorie « groupes ethniques » ; ainsi sont « ethniques » ceux qui s’écartent d’une façon  ou d’une autre de la référence identitaire américaine, alors que les WASP sont considérés comme très au-dessus des étiquettes de la catégorisation et du classement. Dans le cadre de l’Etat-nation, l’identité devient une affaire d’Etat et la montée des contestations identitaires est la conséquence de la centralisation et de la bureaucratisation du pouvoir ; sachant qu’aucun groupe n’est enfermé, à priori, dans une identité unidimensionnelle. Au Maghreb, il était fréquent –et il l’est toujours au Maroc- que les membres de vieilles familles juives présentes depuis des siècles soient désignées le qualificatif de juifs arabes, deux termes qui paraissent, actuellement et ailleurs peu conciliables aux oreilles d’individus amnésiques, alors que ce qualificatif ne heurtait pas les esprits ; partout au Maroc rien ne distinguait, extérieurement, juifs et musulmans si ce n’est la pratique religieuse : même costumes, mêmes coutumes, le plus souvent mêmes activités professionnelles et pour certains saints, juifs et musulmans vouaient le même culte. L’identité fonctionne, ainsi, selon les mécanismes de poupées gigognes, emboitées les unes dans les autres et cette multidimensionnalité ne lui fait pas perdre pour autant son unité. Culture de gouvernement, culture d’opposition, culture de décentralisation, culture de la centralisation, on assiste depuis quelques temps à une prolifération du concept de culture dans les cercles du pouvoir. La culture se fragmente, la culture est en miette. L’affirmation, « c’est ma culture » est censée anoblir et effacer en quelque sorte les signes de l’infériorité, car dans cet usage du terme, on fait comme si toutes les cultures étaient dotées d’une valeur égale. Tout système politique apparaît lié à un système de valeurs et de représentations, autrement dit à une culture, caractéristique d’une société donnée. Les chercheurs aboutissent à une typologie des cultures et des structures politiques qui leur sont fonctionnellement adaptées : à la culture paroissiale, centrée sut les intérêts locaux, correspond une structure politique traditionnelle et décentralisée ; à la culture de sujétion qui entretient la passivité chez les individus, correspond uns structure autoritaire ; enfin la culture de participation va de pair avec la structure démocratique. La culture n’est pas un bagage qu’on pourrait transporter avec soi quand on se déplace ; ce qui se déplace, en réalité, ce sont les individus ; et de ces contacts entre individus et cultures émergent de nouvelles élaborations culturelles. L’Etat-nation est une société pluriculturelle et le spectacle de la diversité culturelle se donne à voir pratiquement en tout lieu et à tout moment ; de même, la politique multiculturaliste a pour but de promouvoir l’égalité de traitement, pour ce qui a trait à la dignité et à la légitimité de l’expression culturelle et politique des groupes. Comment écrire la culture, les cultures ? Peut-on rendre compte d’une culture par l’écriture sans la trahir ? L’anthropologue est tout à la fois un savant et un écrivain ; et dans ses œuvres, il livre une part de lui-même. Il n’est pas de culture qui n’ait pas de signification pour ceux qui se reconnaissent en elle. Une prétendue neutralité ethnique, qui se présente comme une reconnaissance de la différence, peut n’être à la limite qu’un masque de mépris : vous êtes complètement différent de moi, mais je vous pardonne. L’exaltation de la différence aboutit même, dans sa forme la plus pernicieuse, à la justification des régimes ségrégationnistes, le droit à la différence étant perverti en assignation à la différence. Intellectuels L’intellectuel doit viser à unir ce qui sépare, à rassembler ce qui se fragmente ; sachant que toute transition est marquée par la déchirure, par l’effondrement de la continuité, par le sentiment du désordre. Et la plupart des intellectuels se pensent à la charnière d’une époque, dans un entre-deux où se confondent l’ancien et le nouveau, les multiples secousses politiques, les crises économiques, la fin du libéralisme, l’avènement du néolibéralisme et d’une société consumériste, l’aggravation d’une atomisation sociétale, le renforcement d’une société de consommation d’information descendante et épidermique, ce qui reste de la société se résume à une simple conscience de rupture. Pour y pallier, il faut un engagement sans compromission, un engagement tel que l’intellectuel échappe au « correctness » et à la ligne consensuelle, dont il est difficile de se soustraire ; mais refuser de réfléchir à des solutions réalistes, n’est-ce pas un aveu d’impuissance et une forme d’irresponsabilité ? Il ne s’agit pas pour autant de transformer l’intellectuel en « conseiller du prince », y compris quand le prince c’est le parti. Les appareils politiques devraient apprendre à compose avec l’existence d’intellectuels autonomes, à s’accommoder d’une pensée critique susceptible d’interroger le fonctionnement des institutions, à s’engager dans une politique réflexive.La majorité des intellectuels présents sur l’arène paraissent plutôt se ranger du côté du manche des dominants : les temps de l’intellectuel, libre, critique et contestataire ont cédé la place à une valse enténébrée entre des « experts » et de prétendus intellectuels de médias. Il s’agit de faire en sorte que l’intelligentsia permette de constituer et de diversifier un portefeuille de ressources motrices et de compétences et de les adapter à l’environnement socioéconomique, à l’effet de maximaliser les  chances de développement ; tout comme il faut développer les capacités à repérer les ressources motrices et à les valoriser. Ainsi, l’intelligentsia doit permettre de constituer un cadre collectif de représentations et d’actions et un outil de traitement de l’information partagée entre tous les acteurs pour faciliter la production des connaissances et de la mobilisation de l’intelligence sociétale. Il s’agit de réveiller l’intelligentsia qui s’est détournée à jamais de l’opposition des  aspects latents/patents des dysfonctionnements ; cette même élite qui s’est compromise dans l’indifférence paisible et dans la démission de l’esprit critique, alors que « rien ne va de soi, rien n’est donné, tout est construit »disait Bachelard. Il s’agit de libérer la parole de l’intelligentsia, ce qui suppose la reviviscence d’une solidarité sociale qui n’est jamais superficielle, hypocrite ou démagogique et qui doit interpeller en termes de création et de redistribution des richesses. Il appartient à cette intelligentsia de réunir les conditions idoines, à l’effet de mobiliser tous les acteurs, d’enclencher les processus d’autonomie dans la gestion, de la cohésion entre les individus, d’harmonisation des intérêts et de la confiance entre les citoyens. En outre, cette intelligentsia doit permettre aux populations de se redéfinir par rapport à l’homogénéité géographique des traditions, aux cultures et aux formes productives ; elle doit aussi aider les populations de se repositionner par rapport aux interactions qui existent entre les territoires, aux modes d’occupation de l’espace, aux modes d’exploitation traditionnels et modernes, aux valeurs sociales et humaines ainsi qu’aux savoir-faire territoriaux. Il s’agit de faire en sorte que l’intelligentsia se saisisse de la réalité culturelle dans toutes ses dimensions à la fois scolaires, des grands moyens de communication de masse, des industries culturelles, du journal au livre, du disque, de la vidéocassette, du cinéma, de la publicité… du fait que tout le système culturel est en crise. En effet, outre sa médiocrité, ce système ne correspond plus aux besoins de la société, ni aux aspirations de ses membres ; ainsi, les moyens de communication de masse ne cessent de soumettre l’homme à un arrosage indifférencié d’informations provoquant une sursaturation où l’homme devient un simple objet pour l’information, puisque les industries culturelles sont déterminées par une logique consumériste du marché et du profit, modelant le milieu et engendrant des pratiques incontrôlables. Il s’agit de faire comprendre que la déliquescence de l’intelligentsia a fait que la culture échappe aux groupes sociétaux pour devenir l’apanage de lobbies mercantiles et cette aliénation de la culture s’exprime par le dépérissement des idéologies. Aussi, le travail de l’intelligentsia doit permettre de valoriser la politique culturelle dont l’objectif fondamental est de mettre en œuvre l’ensemble des possibilités d’action pour assurer l’exercice des libertés. Il s’agit de réveiller cette intelligentsia pour qu’elle aide à enclencher des actions immédiates, à l’effet d’accélérer la mutation du système scolaire en système culturel permanente pour répondre aux intérêts et aux demandes des différents groupes de la société, à l’effet de réaliser les conditions d’une liberté culturelle plurielle, d’instaurer des relations articulées entre les institutions culturelles et les forces économiques et sociales. Ainsi, l’intelligentsia permettra de régénérer l’homme non plus comme une victime qu’il faut protéger, mais comme un être rationnel et responsable. Il s’agit de faire en sorte que l’intelligentsia conscientise sur les dangers conséquents aux entités transnationales lorsqu’elles détiennent la réalité du pouvoir ; en effet, lorsqu’un système est dominé par des firmes transnationales, il ne s’orientera pas spontanément dans la Voie vertueuse, du fait que les machines à dividendes ne renoncent  jamais à la prédation, à la démesure et à la domination, Laozi, Lao-Tseu disait déjà au IVe siècle avant JC disait « plus règnent au monde tabous et interdits et plus le peuple s’appauvrit ; plus se multiplient lois et décrets et plus foisonnent les bandits ». Dépouiller quelqu’un de tout soutien est reconnu comme une injustice… en délester plusieurs de leur culture devrait être plusieurs fois plus injuste ; alors, pourquoi quand il s’agit des pires agressions et des pillages des richesses culturelles, les intellectuels ou prétendus tels, les considèrent, tout au plus, comme des travers nécessaires au progrès. Il s’agit de régénérer cette intelligentsia qui doit conscientiser sur la maîtrise de la régulation de la hiérarchie et du contrôle du pouvoir ; car celui qui le contrôle vainc, celui qui l’ignore est défait ; d’ailleurs, celui qui veut comprendre doit absolument suivre un ordre d’apprentissage et ce n’est qu’ainsi qu’il pourra être à l’abri de l’erreur. En effet, mieux vaut entendre que de ne pas entendre ; voir qu’entendre ; connaître que voir et pratiquer que voir ; bien qu’entendre sans voir ne permet pas  une ouïe étendue. Mais il faut avoir à l’esprit que voir sans connaître autorise une instruction illusoire et même si connaître sans pratiquer ne rend pas impossible un savoir profond : « J’entends et j’oublie, je vois et je me souviens, je fais et je comprends » disait Confucius. Il s’agit de faire en sorte que l’intelligentsia doit réacquérir de nouveau la cohérence et identité sociale, pour ne pas être coupée des populations ; elle doit redevenir une institution enracinée pour servir de guide, tout comme elle doit s’assurer l’appui des populations et influencer les manifestations politiques ; ainsi, l’intelligentsia doit sortir des sentiers battus et ne plus se complaire dans le maquis et les méandres des lobbies et des réseaux opaques, pour aspirer à une expérience positive. Il s’agit de faire en sorte que l’intelligentsia réactive le « Cogito, ergo sum », (Je pense, donc je suis) qui permettra à l’homme de se poser comme arbitre de la vérité, ce qui relancera la toute-puissance de la raison, pour se départir de la mise à l’index, de la dénonciation, de l’inquisition dont ont été victimes beaucoup d’esprits libres et critiques, Galileo Galilei, El Hallaj… El Youssi… Il faut que l’intelligentsia aide la société à consacrer le débat critique des chaînes étouffantes de quelques cliques insidieuses qui voudraient soumettre les populations à l’absolutisme ; lesquelles cliques qui ne font régner que la corruption et l’incompétence. Tout comme il s’agit de faire face aux distorsions sociales, au népotisme et à l’affairisme  de ce système éhonté. Aussi, faut-il réagir à ces anomalies et à ces écarts criards ; et  ce travail d’interpellation permettra d’endiguer l’ostentatoires, d’investir dans une éducation efficiente, dans la recherche et dans la formation pour renforcer l’imagination et la créativité, car le savoir se mesure à la qualité de la recherche, des inventions, des innovations et des évolutions techniques : science sans conscience, n’est-elle pas que ruine de l’âme ? disait en substance Rabelais. Il s’agit de faire en sorte que les intellectuels -dont l’une des vocations est pourtant de peser sur les processus économiques de façon à créer les conditions idoines pour l’homme ne dégage plus que ce sentiment d’impuissance et de désolation et à participer à la fermeture du champ des possibles. Aussi, faut-il renforcer les résistances au fatalisme, sans pour autant encourager le repli dans un passéisme nostalgique. Il s’agit de comprendre que les intellectuels n’ont pour rôle ni d’encadrer ni de donner des ordres, tout comme ils n’ont pas de consignes à recevoir ; les intellectuels sont des conscientiseurs,  des animateurs, des catalyseurs, des visionnaires, des coaches, des donneurs de souffle : guides de la société. Ainsi, les intellectuels sont sensés s’imposer par leurs compétences et leur charisme ; tout comme ils doivent circonscrire les acteurs grâce à l’efficacité de leur savoir, à l’effet de mobiliser les énergies par la puissance de leur vision et leur qualité d’accoucheurs du talent des autres et de développeurs de potentiels. L’intellectuel doit, ainsi, se différencier du cadre technique et avoir pour caractéristiques la mobilité, la liberté, la capacité à se déplacer sans se laisser arrêter par des frontières, qu’elles soient géographiques ou qu’elles dérivent des appartenances professionnelles ou culturelles, et encore moins, se laisser encelluler par des écarts hiérarchiques, des différences de statut, de rôle, d’origine, de groupe et ce, à l’effet de pouvoir établir un contact direct avec la société. Il s’agit de faire en sorte que l’intelligentsia ait pour rôle de jeter une lumière nouvelle sur les recoins sombres d’une société livrée en pâture à l’économisme et à ses corollaires, le risque, le consensualisme, le « correctness », sachant que cette aseptisation de la vie sociale n’a pour but que de domestiquer et d’éroder le corps social. Ainsi, l’accent doit être mis sur la convivialité, sur les rapports humains authentiques en tant que réponse à l’aliénation dans le travail, à l’effet de transcender la mécanisation des relations humaines. Cette intelligentsia doit aider à contrer la bureaucratie et son projet de faire échouer le relationnel et le rationnel ; elle devrait conscientiser les populations sur le retour à des fonctionnements plus humains où les personnes pourraient laisser s’épanouir leurs émotions, leurs intuitions et leur créativité, pour que l’homme réalise ses aspirations profondes et de s’épanouir. Il faut faire en sorte que l’intelligentsia conscientise sur la confiance qui est l’autre nom de l’autocontrôle, qui désigne une relation sûre à autrui et qui est  moralement qualifiante, alors que le contrôle par un tiers n’est que l’expression d’un rapport de domination ; sachant que ni l’équité, ni l’éthique n’ont encore trouvé de solides traductions en termes de dispositifs dans la gestion de la chose publique. Il faut savoir que dans la société actuelle, la marge entre le manager et l’intellectuel tend à s’estomper, alors que l’écart entre ceux qui sont aux affaires et la transcendance des hommes de culture est manifeste que toute similitude ne peut être qu’épidermique et mystifiante. En effet, la société actuelle baigne dans un univers professionnel très mouvant et très incertain, ce qui impose au travail des managers certaines propriétés d’une mini-firme, la carrière ne consistant plus à faire des recherches libres et critiques, mais à s’engager en tant qu’experts dans une multiplicité de projet souvent très hétérogènes ; Et cette action entretient de graves affirmations, dont la plus extravagante est l’annonce de  la mort des maîtres à penser, ces avant-gardistes qui avaient été à l’origine de maints changements, dont ils sont eux-mêmes nourris. En conclusion, l’intellectuel, cet homme libre et critique doit se retrouver dans un courage indomptable qui doit transparaître dans sa vie que dans son œuvre ; il doit exalter les droits et libertés du peuple jusqu’à l’idolâtrie ; Aussi, l’intellectuel doit se dresser contre l’inique, aider à la construction d’un projet sociétal, conscientiser et convaincre les populations : à cet effet, Zola disait en substance, on a toujours trouvé des hommes pour résister aux tyrans les plus puissants, on a toujours trouvé des hommes pour servir servilement, mais il est difficile de trouver des hommes sensés pour affronter les implacables des peuples. Aussi, l’intellectuel doit indiquer la voie du salut et enseigner la vérité : guider, prescrire, sauver, enjoindre, éduquer, fixer le but commun, impulser la loi, marquer les esprits, proposer des opinions : c’est le rapport à la loi et à la vérité qui doivent déterminer l’itinéraire de l’intellectuel ; sachant que l’intellectuel n’est pas un ascète qui accepte la souffrance ou qui porte le fer, il n’accepte pas l’obéissance exagérée, exaspérée et retournée, du fait que l’ascétisme aggrave  l’obéissance et la domestication par l’excès de prescriptions : l’intellectuel doit ainsi s’opposer à l’hérésie d’obéissance et toujours la considérer comme péché létal qui menace continument la dynamique sociale. Honneur/dignité/respect de soi/ Les concepts d’honneur et de dignité constituent les piliers de toute société décente, aussi faut-il veiller à ce que tous les membres de la société en bénéficient équitablement. L’homme vit dans une société humiliante et corruptrice dont les institutions  compromettent l’intégrité de ses membres et cette corruption est à la fois morale et matérielle. Une véritable société intégrée est une société dont les institutions ne violent pas la dignité de ses membres ; laquelle est l’expression du sentiment de respect qu’ont des individus à l’égard d’eux-mêmes en tant qu’être humains. La dignité constitue l’aspect extérieur du respect de soi-même. Mais si Bouddha, Aristote, Mozart, Shakespeare et Newton constituent des sommets de l’humanité, les hommes dignes ont toujours participé à leur gloire ; ces hommes dont Walt Whitman disait : Jamais ils ne s’échinent ni se lamentent sur leur état, Jamais ils ne passent la nuit à pleurer sur leurs péchés, Jamais ils n’ont de ces discussions nauséeuses sur leurs obligations envers Dieu, Jamais ils ne sont insatisfaits, ni saisis de la folie furieuse de posséder les choses, Jamais ils ne s’agenouillent devant un autre, ou des ancêtres ayant vécu plusieurs milliers d’années plus tôt. Il s’agit de ces hommes authentiques dont l’existence implique une distance nulle entre le ressenti et l’exprimé dans une société où l’échange de parole au sens d’autocontrôler ses émotions, car la personne se constitue en se reconnaissant en dette à l’égard des ascendants et de la société. En effet, la force d’exister de chacun prend sa source dans les liens qui l’attachent à d’autres et le rattachent à l’ensemble de la société ; sachant que l’individu a le devoir de préserver et de renforcer la solidarité sociétale. Cependant, l’honneur ne veut pas se substituer à la vertu, et à la réputation ne veut pas se substituer à la place du principe de l’élection comme régulateur politique majeur. La réputation est un capital et une valeur qui dépasse tout calcul et la destruction de cette réputation peut avoir des conséquences plus dévastatrices qu’une simple défaite électorale. Parce que sans le respect de soi-même, tout ce qu’on fait n’a pas de sens, qu’il n’y a pas de valeurs et que la vie n’a aucun sens et que tout devient vanité. Et parce que l’égoïsme, la cupidité sont présent dans le monde tel qu’il est et ils doivent être canalisés par une référence commune à un monde tel qu’il doit être, pour que l’harmonie existe entre ce qui est et ce qui doit être, entre les propensions de l’homme et ce que la morale exige de lui. Intégrité/Morale Lorsque l’homme congédie toute morale pour chercher la puissance à tout prix, toutes les déviances et exactions deviennent possibles ; sachant que la violence exerce sur l’individu un énorme pouvoir de séduction, surtout lorsqu’elle est présentée sous le signe d’une cause défendable. En ce qui concerne le capitalisme, sa morale fut un temps, celle des sectes protestantes (calvinistes) : l’âpreté aux gains supposée universelle, y était subordonnée à une conduite rationnelle. La morale du capitalisme se dissout stricto sensu dans l’eau glaciale du calcul égoïste et ne connait plus d’autre grandeur que celle de la déprédation : « si on n’a pas sa Rolex à 50 ans, on a raté sa vie » ; sachant que le néolibéralisme est peut être sans foi, mais il n’est pas pour autant sans lois, celles des hommes et du marché. Débat/parole/action Une culture revivifiée permettrait de régénérer un espace public d’identités différenciées pour que la société ne soit plus une arène de concurrence aveugle et de ressentiment ; lesquelles ressusciteraient des valeurs partagées qui sont seules à même de faire face aux désordres sociaux. Aussi, faut-il contrer ceux qui manipulent et instrumentalisent la culture, au point de la rendre inopérante, alors que les thuriféraires du néolibéralisme, prétendant être des « soldats de la paix » ne sont en fait que des mercenaires et des incendiaires. La culture permettrait ainsi de faire renaître une nouvelle vision de l’éthos social, pour pallier le désarroi et les crises qui favorisent le recours à des réactions disproportionnées et exclusivistes. Dans ce cadre, la prise de la parole constitue le noyau et la finalité de tout débat constructiviste, du fait que le pouvoir de la parole est cathartique et toutes les violences sont liées à son accaparement exclusif par les détenteurs du pouvoir décisionnel : sachant que le pouvoir de la parole doit s’opposer à la parole du pouvoir. Et cette parole doit être la principale force de changement et une matrice de l’humain et s’installer, l’article 7 de la Charte africaine énonce avec justesse que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue ». Il s’agit pour l’intelligentsia de mettre en exergue ce qui unit la société, ce qu’elle a à faire ensemble et sur le caractère constitutif de la relation aux autres, du fait que la force d’exister de chacun. Par ailleurs, il faut remettre en cause tout ce qui sacralise individualisme comme idéologie salvatrice, sachant que la parole libre continuera de gêner le système néolibéral qui s’appuie sur la métaphore pour leurrer, oubliant que l’homme n’est que le porte-parole et l’interprète d’un discours collectif. En effet, ce système  dévastateur, qui s’appuie sur la parole truquée rend neurasthénique et s’appuie sur la séduction et sur le leurre, alors que « séduire, c’est mourir comme réalité et se produire comme leurre ».  Le débat doit redevenir un code à la fois éthique, juridique et social ; et de ce fait, il deviendra chemin et vie. Et ce débat est seul à même de procurer l’honnêteté, la justice, l’énergie, la fermeté, la conviction et le courage qui sont des qualités qui permettront de ne jamais plier devant les dominations, les dénuements, les privations et les persécutions ; sachant que c’est par le verbe que l’homme s’insère dans la société.              Il s’agit de se réapproprier les processus de production culturelle pour valoriser le recul réflexif et recréer le bien commun ; lesquels doivent être fondés sur la mobilisation des populations, enfin conscientisées, et consolidées par les différentes solidarités qui constituent une force d’être et d’espérer, une force créatrice, un moteur de l’histoire et une expression d’affirmation de l’identité pour juguler l’anomie et ses oxymorons. La société doit redevenir un espace où personne n’envie personne, où chacun se trouve mieux à sa place qu’à celle des autres et cela signifie que les pauvres dans une telle société ne souffrent de nul complexe d’infériorité. Le bien commun a, tellement, été corrompu par les mystificateurs du système néolibéral, au point que le mot « intérêt » en est venu à désigner exclusivement « intérêts égoïstes ». En effet, partout, c’est au nom des victimes que les manipulateurs de ce système ont commis et commettent des agissements grotesques et le mot « sacrifice » en est venu à signifier exclusivement le sacrifice du faible ; sachant que la lutte contre cette idéologie victimaire ne doit pas éluder la recherche des équilibres sociétaux. Ainsi quand les prédateurs -avec tous leurs moyens- écrasent les « damnés » ce n’est pas seulement ceux qui en sont victimes qui se trouvent avilis, mais tous ceux qui sont dans une situation d’infériorité, d’où l’éventualité qu’ils veuillent se transformer en « dieux vengeurs ». Aussi, la voie de la méritocratie doit s’imposer comme nouvelle idéologie dominante et ce, à l’effet de pallier le déclin de la confiance, l’effritement de la mobilisation, le recul des solidarités, dans le but d’endiguer l’individualisme qui se base sur la recherche d’un prétendu consensus salvateur. Aussi, faut-il se démarquer de la conspiration contre le bien commun qui allègue que le marché est seul capable de régulation et qu’il le réaliserait mieux que ne le feraient les forces intellectuelles et politiques, pourtant seules à même de relayer les espérances des populations. A cet effet, les valeurs doivent être revivifiées, et particulièrement celles du travail dont la rémunération penche grossièrement en faveur de la rétribution du capital économique et des activités financières. Il s’agit de régénérer les processus culturels, pour endiguer le fléau de la corruption qui est une occultation du bien commun, pour que la société recouvre l’usage d’un « nous » constructif et non un « nous » populiste, l’inscrivant dans la pronomination, « ils/eux » qui est en fait un « on » d’une masse grégaire, passive et exclusivement réceptrice, justifiant le cri de Max Stirner « vous liez la volonté et vous osez vous appeler libres ». Il s’agit de conscientiser les populations sur la confiscation et la falsification de la vérité historique et faire en sorte que les qualificatifs pervers, vils, abjects, odieux, répugnants ne définissent plus le politique, pour que cessent l’arbitraire, les perturbations multiples et les sournoiseries.    Il s’agit de régénérer les structures sociales qui ont  été fragilisées par les différentes expériences malencontreuses de développement et qui se sont traduites par un affaiblissement des règles qui régissent l’accès au bien commun, à sa gestion toute société intégrée. Cette déstructuration sociale a privé la société de son conatus -cette énergie positive- et a favorisé des comportements individualistes et des conflits négationnistes, ce qui  a handicapé fortement la recherche d’intérêts communs, l’élaboration d’objectifs mobilisateurs et la construction d’un projet sociétal de développement. Il s’agit de comprendre que la dégradation des référents socioculturels est difficile à déterminer avec précision, du fait de l’ampleur des causes directes et indirectes des dommages subis, du fait de l’imbrication des intérêts et des enjeux et du fait de l’absence de la détermination des responsabilités. Depuis l’Homo sapien (qui sait) à  l’Homo faber  (qui fabrique) à l’homo ludens (qui joue), la société est à chaque fois remis en cause et ce, depuis qu’un homme a dit « Ceci est à moi » et trouva assez de gens crédules pour le croire, comme l’avait remarqué Jean-Jacques Rousseau. Il s’agit de prendre conscience que le processus de privatisation et de marchandisation des éléments vitaux de la société s’accélère ; et de ce fait, le bien-être de tous et la durabilité sociétale sont sacrifiés à l’autel du narcissisme de quelques-uns ; s’ensuit alors souffrances, exclusions et mort de ceux qui ne peuvent accéder aux traitements brevetés. Pour y pallier, la recherche de voies salvatrices doit être une œuvre collective qui exigera de se sentir responsable des autres, de demeurer critiques, de refuser la stase de l’indifférence et de l’insensibilité. En effet, le passage de l’obscurité de la vie à la dignité correspond au passage du privé au public, lequel doit ouvrir la voie à la liberté qui est l’apanage d’hommes et de femmes doués de courage, de vertus  et de compétences qui leur permettraient de transcender les orientations économistes imposées par le monde néolibéral sauvage ; et ce faisant on fera triompher la liberté sur la futilité, pour que ne s’installent aux commandes du pouvoir des entités chaotiques kleptocrates.   Culture « Entendre ou lire sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans livre ni maître est dangereux » Il faut développer une culture réflexive, une culture du « scientifiquement correct » qui permettrait de renouer avec l’esprit de résistance, à l’effet de  régénérer l’impératif et l’ouverture sur l’Autre. Il faut, donc, édifier un véritable contrepoids à la redoutable ritournelle néolibérale qui se nourrit de la domination de la majorité des populations et de l’emblématisation de l’idée de « faire du chiffre ». Réveiller le culturel permettrait de contrer cette économie à inclinaisons criminelles qui ont pénétré de toutes parts la société légale et ce, à l’effet de blanchir ses activités ; sachant que force est de reconnaître que l’illégalité n’est pas, exclusivement, l’apanage des groupes criminels. La montée en puissance de la parole et la baisse de ses coûts symboliques sont, par ces temps méandreux ne soient pas instrumentalisées dans le but de banaliser les revendications. Aussi, faut-il ne pas se laisser piéger par des concepts attrape-tout, tellement galvaudés qu’ils ont perdu toute signification et toute luminescence et qui se résument, tout au plus, à des actions de pansage, de replâtrage et de colmatage. La culture doit redevenir le moteur de la société, elle doit être qu’elle redevienne ce que la forme est au contenu et ce que l’apparence est à l’être ; sachant par ailleurs que l’existence de l’homme est ponctuée par la culture qui est lumière, amarre et arme de résistance. Ainsi, la culture constitue une composante majeure du développement intégré, du fait que la crise actuelle n’est pas uniquement économique, elle est aussi et surtout enclenchée en termes de déficits sociétaux, historiques et culturels. Aussi, faut-il se départir de cette approche aliéniste fondée sur des conceptions partielles, partiales, unidimensionnelles et exclusivistes d’une dite orientation globaliste. Pour  pallier les déficits du système néolibéral, il s’agit de se réapproprier le territoire, pour investiguer le pourquoi de la crise sociétale et savoir pourquoi le territoire ne correspond-t-il plus aux besoins et aux aspirations de l’homme. Pourquoi la culture n’est-elle plus qu’un simple objet marchandisable qui n’obéit plus qu’aux lois du marché et à la logique du profit ? L’aliénation et la frustration des populations délitent et anémient la société ; et devant cette stase, sont promus l’inauthentique et la marginalisation enclenchant ainsi une crise culturelle. En sortir, revient à mettre en œuvre une politique culturelle qui reconnaitrait à tout homme le droit d’être auteur et acteur de ses processus de production, à l’effet de promouvoir la créativité et la valorisation des différences optionnelles, dans le cadre d’une démocratie fondée sur le pluralisme culturel. Ainsi, les valeurs culturelles constituent des gardes fous pour ne pas sombrer dans des corrélations abusives, du fait que tous les opprimés ne basculent pas dans la violence et à l’inverse, la position de nanti ne garantit en rien d’y échapper. De même, la culture réconforte la dimension ordonnatrice de la société et ce, pour corriger le système néolibéral qui travaille à ravaler cette dimension à l’inertie. Il faut donc séréniser l’action de l’Etat par le décloisonnement de la culture au plus près des acteurs, pour rétablir la confiance entre les populations et les institutions et pour pallier la société éclatée, déliée et travaillée en profondeur par les forces centrifuges de l’individualisme ; sachant que l’homme est un être de différence et sa conscience n’a d’autres buts que de perpétuer le groupe dans la sociabilité. La culture constitue une irruption qui permet de rompre avec l’ordre établi ; et sa dynamique est, partout, redoutée. Aussi, la culture doit être en tant qu’élément fondamental du dissensus, c’est la saisir comme dépassement de l’atomisation : sachant que l’homologie entre la culture et la socialisation territorialisée n’est plus à faire. En fait, tout échange social se médiatise via la culture ; d’autant que la société n’existe que dans et par la culture dont la fonction est de faire naître des débats entre les membres de la société. L’histoire constitue l’intelligence de la société et l’essentiel de son armature est constituée d’authenticité et d’identité, à l’effet de renforcer l’altérité. En effet, les référents socioculturels permettent de transcender les altérations qui affectent la vie des groupes sociaux. Par ailleurs, la culture confère au pays pendant les périodes difficiles de son histoire, un élan de créativité, une inspiration novatrice à produire une capacité revendicative et constructive et stimuler une intelligentsia talentueuse et inventive ; sachant que la culture constituant le meilleur antidote contre la cupidité et la vanité. En effet, la culture constitue toujours une réserve collective d’idées ; d’ailleurs, les grandes réalisations sont celles qui libèrent le génie de l’homme, sachant que ce n’est que depuis peu qu’a été rendue possible la reproduction et la marchandisation des performances immatérielle qui ont permis à certains de s’enrichir. Ainsi, une véritable politique culturelle devrait permettre la mutualisation et l’accumulation des connaissances et cet héritage libérerait les capacités à agir des populations. Cette politique doit aider l’homme à s’épanouir dans l’altérité, du fait qu’il n’appartient à personne de rejeter la culture de l’autre, pas plus qu’il ne lui appartient de trancher sur cette question.  Il s’agit tout au contraire de  respecter et de promouvoir la différence qui ne signifie pas le fait d’embaumer et d’exhaler des éloges mielleux et controuvés des idées et des cultures qui diffèrent des nôtres. Les causes centrales de la fragilisation du « vivre-ensemble » sont, justement le galvaudage du mythe du consensus politique et de l’uniformisation qui réduisent la culture à sa conception caricaturale et folklorique ; alors que la société est, par essence, toujours productrice d’antagonismes et de dynamiques constructivistes. La culture du nom latin « Cultura » signifie, au sens premier, l’agriculture, il est rejoint par celui de civilisation à partir du XVIII siècle et, enfin, par celui l’ordre social ; par extension, la culture désigne les comportements, les habitudes, les savoirs et les systèmes de sens transmis, socialement, par l’espèce à laquelle appartient l’individu. Au plan individuel, la culture est l’ensemble des connaissances acquises, l’instruction, le savoir d’un être humain, alors qu’au plan collectif, elle représente, également, l’ensemble des structures sociales, religieuses…et les comportements collectifs qui caractérisent une société. Fabrice Thuriot : Culture et territoires : Les voies de la coopération, l’Harmattan, Paris 1999 Christian Vandermotten (direction) : Tourisme et société : Mutations, enjeux et défis, Edition, Université de Bruxelles, collection, Aménagement du territoire, 2006 Fabrice Thuriot : Culture et territoires : Les voies de la coopération, l’Harmattan, Paris 1999. Eric J. Hobsbawm : L’Empire, la démocratie, le terrorisme, Editions André Versailles, Monde diplomatique, 2009 Edition initiale de 2007 Ivan Illich : Œuvres complètes, Tome II,  Editions Fayardn2005 P. 12 Le substantif acculturation semble avoir été créé vers 1880 pour nommer la transformation des modes de vie des immigrants au contact de la société américaine. Le terme ethnocide est d’apparition récente, il a été créé dans les années 1960 et il désigne la destruction systématique de la culture d’un groupe. Le mot grec sugkretismo désigne le front uni des cités de Crète –le plus souvent en conflit les unes avec les autres ; introduit dans la langue française, il perd sa signification première d’accord et de concorde pour prendre celle de fusion entre des tendances opposées. P. Veltz : « Mondialisation, Villes et territoire : une économie d’archipel », PUF, Paris 1998 François Rabelais (1494-1553) prêtre catholique et écrivain français. L’idée de dignité humaine est apparue relativement tard ; le mot dignité vient du latin « dignitas » qui signifie honneur social. De manière analogue, le concept d’humiliation en tant qu’atteinte à la dignité humaine s’est développé à partir du concept d’humiliation sociale. Adolf Eichmann était un fervent nazi qui n’a jamais compromis ses ignobles principes –il était pratiquement impossible de le soudoyer. Par contraste, son assistant, Kurt becher était corrompu et soudoyable. Walt Whitman, « Chants de moi-même, in feuilles d’herbe, Aubier, 1989 La relation est causale entre le respect de soi-même et l’amour propre, mais peut-on avoir le respect de soi-même sans l’amour propre ? Les cas dans lesquels les hommes font preuve d’amour propre, mais manquent de respect d’eux-mêmes sont faciles à trouver, des hommes qui s’accordent une grande valeur au regard de ce qu’ils ont accompli et sont pourtant prêts à s’aplatir devant n’importe quel homme dont la position de pouvoir pourrait leur être utile. Afin de montrer que l’amour propre et le respect de soi-même sont également indépendants dans le cas inverse, nous devons trouver un exemple d’un individu manquant d’amour propre mais possédant le respect de lui-même. Une personne peut avoir peu d’amour propre parce qu’elle n’accorde pas de valeur à ses propres œuvres et conserver néanmoins le respect d’elle-même. Cet individu peut être conscient que ses œuvres ont de la valeur aux yeux des autres, mais être si dur envers lui-même qu’il est incapable d’amour propre. Le respect de la maîtrise de soi est un élément  du respect que les autres nous inspirent. Il faut cependant distinguer la maîtrise de soi de l’autodiscipline qui se traduit par le contrôle que l’on exerce sur ses propres actions dans un domaine spécifique et dans un but précis. Caractère commun à un groupe d’individus d’une même société. Philippe Bretton : Eloge à la parole, Editions La Découverte, 2007 P. 7 Jean Baudrillard : De la séduction, Editions Galilée, 1979, pages 98 et suivants. Max Stirner, de son vrai nom Johann Kaspar Schmidt (1806-1856) ; il est considéré comme le précurseur de l’existentialisme. Par rapport au droit musulman, l’originalité du régime juridique des terres est nette ; le Fikh distingue la propriété individuelle (melk) et les biens appartenant à la communauté des musulmans. Pour la théorie du droit musulman malékite, il existe deux catégories : les terres cultivées ou habitées (mâamour) et appropriées (mamlouka) ; Les  terres mortes, non appropriées (ardmawat), des terres non appropriées (moubaha), sans maître ; lesquelles permettent de faire accéder à la propriété, les personnes qui les vivifient ; mais pour ce qui des immeubles collectifs, le contrôle du groupe n’autorise pas pour autant l’appropriation privative du bien commun. Les modes d’appropriation des terres mortes sont de plusieurs ordres : El harim, zone aux alentours d’un fond mis en valeur, à destination du pacage et de l’affouage dans un rayon d’un jour (aller et retour), acte qui ne constitue, nullement, un droit de propriété, mais un droit d’usage (ikhtissas) ; El ihyaa, acte de vivification d’une terre morte (mise en valeur de ladite terre), cependant le droit de propriété lié à cet acte n’est pas définitif, il tombe lorsque la terre morte en question revient à son état initial ; El hima, acte par lequel le Makhzen, se réserve une ou plusieurs lots de terrains, pour les besoins des animaux de l’armée ou des populations nécessiteuses ; El iktâa, concession accordée par à un individu, à titre de propriété (Iktâa tamlik) ou de jouissance (Iktâa imtâa), ceci pour les terres non bâties et non plantées. Gouvernement des voleurs Mozart mourut dans la misère, pendant que des musiciens au talent microscopique sont multimillionnaires et se plaignent, pourtant, lorsque leurs prétendues œuvres sont téléchargées gratuitement sur internet. [...]Lire la suite…
13 décembre 2024ArticlesI – Introduction Transcender le culte du progrès, celui de la prétendue modernisation consiste à répondre à la question faussement simple : comment se fait-il que des populations entières continuent de croire en cette illusion et en ces errances manifestes, alors que toute les évidences poussent à l‘abandon de cette idée, pour le moins congrue.  Les fanatiques de ce mythe adulé participent, aveuglément, à l’anéantissement des bases qui fondent la société. D’autant que cette prétendue modernité déconstruit les systèmes éducationnels, détruit les systèmes d’enseignement et étouffe les cultures ; et plus ce système se contente d’un enseignement exécrable, plus l’héritage que la société recevra –et qu’elle transmettra- sera insécurisant et sera le prélude d’un ordre social fondé sur la répression permanente. Une société ne peut continuer d’exister sans remettre en question ses processus de production, notamment ses rapports sociaux et particulièrement dans leurs aspects éducationnels. En effet, un enseignement adéquat -et conforme aux référents socioculturels d’une société intégrée- est seul à même de pallier la situation dissonée qui accentue la subordination de toutes les relations sociales aux lois du marché. Ce système inique agit sous le travestissement du masque de la quête d’un quelconque progrès, et la course effrénée derrière cette chimère se traduit par le dépérissement des processus de production, en l’occurrence par la dégradation du système d’enseignement ; sachant que cette errance réduit la raison à un simple calcul et à une préfiguration burlesque. Ainsi, les forces sociales qui étaient les laborieux défenseurs de l’éducation et de l’enseignement, s’en sont détournées, pour ne plus privilégier qu’une approche évanescente, où le consumérisme s’installe en tant que religion salvatrice. En effet, la consommation est célébrée comme une forme de culture à part entière et ce, dans le cadre d’une nébuleuse prônant un unisson universaliste, où les idées cèdent la place aux produits de consommation, les plus élémentaires.  II – Mise en contexte Il n’y a pas longtemps, les membres de la société vivaient les uns avec les autres, en tant que construits sociaux ; ils vivaient, intensément, leurs oïkos, ecclésia et agora : les sphères d’activités sociales privée, semi-publique et publique. Le domaine public était considéré comme un miroir de soi, mais depuis, on perdit la capacité de distanciation de nouer des relations. Et tout cela a fait que le relationnel ait dégénéré en une lutte pour la réalisation d’un égo narcissique ; lequel dans un délire de convoitises a décimé tout intérêt sociétal.  II.1 – Impacts du néolibéralisme La consommation est affublée d’images attractives et elle est présentée comme solution de remplacement à la lassitude et à la peur de l’incertitude. Ainsi, la propagande de la marchandise transforme l’aliénation même en une marchandise ; et le consumérisme exacerbe de nouvelles manières d’être malheureux, notamment l’angoisse des parents à vouloir, toujours, être capables de répondre à la moindre demande de leurs enfants, par le fait de leur procurer de nouveaux produits au lieu de se préoccuper de la qualité de leur éducation. Par ailleurs, l’ère de la consommation de masse a altéré la valeur du travail, en ce sens qu’elle s’est démarquée de la morale, seule à même de valoriser le travail et de donner sens à l’œuvre qu’il est sensé engendrer. Le système en place segmente la société en individus épars et défiants, notamment en dressant les enfants contre l’autorité des aînés ; sachant que cette dite émancipation est, en fait, insidieuse, puisqu’elle déguise l’aliénation consumériste en une autonomie authentique, altérant, ainsi, l’équilibre des forces au sein de la société. La multiplication des moyens de diffusion massive de l’information a rendu approximative la distinction nette entre le vrai et le faux ; dans ce contexte, la vérité a cédé la place à la crédibilité et les faits se sont effacés devant les déclarations qui semblent faire autorité. Et une telle situation a favorisé le musellement de l’éducation publique, de la liberté de parole et de la libre circulation des idées et de l’information. Le maître ès propagande et l’expert « omnimarchandisant » -avatars de la société moderne- savent que les semi-vérités trompent plus efficacement que les mensonges et ils y usent, à profusion, pour impressionner le citoyen, en lui livrant des données quantifiées, mais sans traitements et sans interprétations : le plus important n’est plus l’exactitude de l’information, mais son « paraître vrai ».  Pire, le système actuel a tendance à éluder la vérité si elle ressemble à la propagande, du fait qu’un individu non éduqué est, toujours, friands de faits épidermiques, tout en chérissant l’illusion qu’il est bien informé. Le public, dans le système actuel, s’est depuis longtemps démarqué de tous référents socioculturels vernaculaires, de tout destin, de l’héroïsme, du sacrifice, du passé glorieux… Il s’en tient aux illusions nimbées d’affirmations délibérément obscures et inintelligibles. Dans le domaine de l’enseignement actuel, l’inintelligible affecte tous les processus de production et il a fini par contaminer l’appareil décisionnel ; et l’habileté à promouvoir le savoir, reconnu comme l’essence de l’art de gouverner ne doit plus sa notoriété à la confluence de la connaissance et du politique. En effet, lorsque le savoir fait défaut au politique, celui-ci se métamorphose en spectacle où ne sont plus exposées que les qualités égotistes du dirigeant, ne dit-on pas que lorsque le pouvoir se rapproche de la science, il s’agrandit ; et lorsque la science brade sa place pour se rapprocher du pouvoir, elle s’avilit. De même, lorsque, J. F. Kennedy dit « Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous ; demandez-vous, ce que vous pouvez faire pour votre pays. », il illustre, plus que tout autre, la subordination du politique à l’illusion de la puissance, particulièrement, celle économique. L’amenuisement de l’enseignement et la faillite des connaissances ont transformé l’espace public en une arène de « paraître » ; et dans une telle ambivalence -où l’on se bat contre des fantômes- il devient difficile d’identifier « qui est qui ? ». Ainsi, la fascination narcissique pour la célébrité, à tout prix, va de pair avec l’érosion des compétences, seules à même de permettre l’exercice de la liberté, facteur d’intégration sociétale. III – Causes Les différents processus de matraquage, dits « modernisateurs ont achevé la décomposition du peu d’esprit critique qui habitaient encore l’ancienne avant-garde du pays. La déstructuration du système éducationnel a participé, manifestement, à la destruction de la mémoire culturelle, par la dépréciation des méthodologies du système de l’enseignement classique et par la dévalorisation du travail de l’enseignant et leur remplacement par des techniques managerielles, dites « antiautoritaires ». Ces nouvelles orientations visent, en fait, la consécration des lois du marché, sous le masque d’une prétendue adaptation de l’enseignement à la mondialisation ; mensonge grandiloquent qui sacre l’ancrage du spectaculaire abrutissement des populations. Face à cela, les différentes tentatives de pronunciamientos (révoltes) pour rétablir un enseignement qualitatif se sont toutes heurtées à des échecs ; et les auteurs engagés dans ce combat, ont été à chaque fois remis à leurs places par la machine infernale néolibérale, sans que nul ne s’en offusque. Ce complot s’est opéré au profit d’un enseignement, certes, budgétivore mais combien réversible et désaxé, un enseignement qui n’est qu’un assemblage ridicule de méthodologies ambivalentes qui ont fini par générer un niveau d’instruction, pour le moins timoré. La culture narcissique, dans le domaine de l’enseignement, plonge la jeunesse dans une situation d’aphasie et d’impuissance que les aînés peinent à transcender et qui se traduit par des incivilités -dans toutes leurs formes autistiques- et qui conduit, principalement, à l’amenuisement, voire à la disparition des sphères privées. Et cette situation s’exprime à travers des affrontements paroxystiques et inégaux entre ceux qui essaient de régénérer un système éducationnel de qualité et des lobbies puissamment soutenus, pour la généralisation d’un système d’enseignement minimal. D’autant que toute résistance, pour rétablir la dignité et les vertus est vite évacuée comme une thèse nostalgique et une fascination passéiste coupable. III.1 – Insécurité L’idéal de la réalisation personnelle a dégénéré en un culte obsessionnel du narcissisme ; et cette fatuité constitue un virus létal qui s’attaque au bien commun, aux systèmes solidaristes existentiels et, donc, à l’essence même de la vie en société. Les inégalités sont toujours source de mépris et de rejet, comme l’atteste la stigmatisation de certains groupes et ces césures engendrent une société dénuée de toutes qualités solidaristes, car comme le disait Gandhi, s’« il y a assez sur terre pour répondre aux besoins de tous mais pas assez pour satisfaire l’avidité de chacun ». Les inégalités qui sévissent dans le pays sont de plusieurs ordres, elles sont notamment territoriales, économiques, sociologiques, sanitaires ou éducationnelles. Dans l’enseignement, cette inégalité est cause et conséquence de la laideur qui marque, de plus en plus, toute la société marocaine, aggravant ainsi l’insécurité. Par ailleurs, la perte de confiance et le désillusionnement dans l’enseignement ne favorisent ni la productivité ni la qualité de vie sociale ; tout au contraire, ils promeuvent la perte de repères, ainsi un expert qui ne vend que des rêves, est payé plusieurs fois plus qu’un véritable chercheur, mais lorsque ces rêves tournent au cauchemar, c’est toute la société qui paie. En effet, la médiocrité croissante du système éducatif et les mauvaises conditions, dans lesquelles se pratique l’enseignement, constituent une grave menace pour la stabilité du pays ; et ces dysfonctionnements vont de pair avec la disqualification de l’enseignant. III.1 – Travail Actuellement, l’accent est mis sur la réussite personnelle. Le « self made man », l’homme qui ne doit sa réussite qu’à lui-même, incarne l’archétype du rêve néolibéral ; Cependant, le travail n’est plus une valorisation sociale, il permet seulement à l’homme de survivre et cela même demande des revenus de plus en plus élevé. Dans cette logique, Benjamin Franklin ne disait-il pas « Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes. Le temps perdu ne se retrouve jamais. Ne remettez jamais au lendemain ce que vous pouvez faire le jour même. Si vous voulez connaître la valeur de l’argent, allez et tentez d’en emprunter ; car qui emprunte s’afflige ». Sachant que seuls le travail et la frugalité définissent un citoyen et sachant aussi que ces paramètres ne peuvent exister sans la justice et la connaissance. L’esprit de travail qui constituait la principale source de positionnement social a, totalement, changé de nature. Dans la société présente, rien ne reflète mieux l’illusion du succès que l’apparence de la réussite. Ainsi, l’homme n’est plus mû que par l’excitation et les éclats de la célébrité et il préfère plus être envié que respecté. Sa vanité n’a pas de limites et pour cela, il recourt à tous les stratagèmes, notamment cajoler, séduire et gagner les faveurs des dominants, dont le pouvoir est, pourtant, toujours, précaire. L’homme est actuellement obnubilé par le travail, au point qu’il est à comparer au janissaire, soldat d’élite que l’on retirait à ses parents quand il était encore enfant que l’Etat éduquait et à qui il était interdit d’avoir toute autre occupation que de combattre pour l’empire. Dans cette logique, le système néolibéral a dompté les tempéraments des travailleurs à l’intérieur et à l’extérieur des lieux de travail. L’homme est ainsi passé de la surexploitation brutale à celle, en apparence, plus douce, mais combien sévère, celle du système néolibéral. Le sentiment d’insécurité que génère le travail dans l’enseignement est, en fait, une confrontation avec soi-même ; la dégénérescence de la symbolique du travail rend la réussite moins dépendante du talent et de la compétence. Le travailleur est devenu une simple marchandise, ce qui dissuade tout engagement et ce qui conduit à une dépréciation de l’activité ; laquelle n’est plus qu’une suite de gesticulation sans portée immatérielle, ce qui la transforme en une pénibilité routinière subie.  IV – Effets Tout partisan qui dérange l’ordre éducationnel établi est condamné en silence à l’isolement et jeté en pâture, comme un paria à la vindicte des dominants, sous un déluge de calomnies. De même, à force de connivences avec les tenants du système néolibéral, les nouveaux « clercs » en charge du système d’enseignement en sont venus à emprunter une voie où, il ne s’agit plus de savoir si telle filière mène à qualifier l’éducation, mais dans quelle mesure, elle participerait au « politiquement correct » et à quel point, elle serait utile au capital. La recherche fondamentale s’est effacé devant les lois du marché, et l’investigation scientifique a cédé devant les subterfuges du « paraître » et de l’apologétique. En fait, la situation de l’enseignement reflète une crise générale de la culture qui se révèle, de plus en plus, impuissante à comprendre le cours de l’histoire moderne et à promouvoir un développement rationnel. La démoralisation face à cette situation de dégradation de l’enseignement est telle qu’on en arrive à admettre que les disciplines enseignées n’apportent plus aucune contribution à la compréhension du monde moderne. Les tenants de cette thèse vont jusqu’à avancer que les philosophes n’expliquent et ne renseignent plus sur le vivre-ensemble. Que les penseurs ne traitent plus les textes comme une représentation de la société, mais comme un imaginaire désaxé. Que les historiens manquent de pertinence quant à l’explication de la réalité. La méfiance à l’égard du système éducationnel a plongé la société dans un relâchement effarent, sans comprendre qu’elle en est en partie responsable. Cette situation, pour le moins alambiquée, a provoqué des errements, voire de radicalismes, de plus en plus, pernicieux du fait de la passivité de la société, qui est une caution du statu quo.  IV.1 – Théâtralité de l’éducation Aux temps du libéralisme éclairé, la société considérait le lettré comme un idéal à atteindre et un référent à respecter, bien qu’il fût complètement contrôlé au travail. Sachant que le lettré est, aussi, utile à ce capitalisme, en tant que consommateur, et qu’il devait être pénétré du désir de mener une existence plus confortable. Depuis, la production et la consommation ont pris le dessus et sont devenues les principaux objectifs à atteindre ; instruire les masses à la culture de consommation a fini par donner naissance à une société dominée par un « paraître » qui subordonne l’« être » à l’« avoir » et où tout a été marchandisé.  En effet, dans l’ancien système libéral, la publicité n’avait pas d’autres buts que d’attirer l’attention et de vanter les avantages d’un produit. Actuellement, c’est la publicité qui fabrique son propre produit, à savoir le consommateur comme un individu insatisfait et constamment agité. La publicité vante désormais la consommation comme un remède aux maux familiers que sont la solitude, le stress, la fatigue… elle façonne les masses à ressentir une voracité insatiable et ce, pour compenser les besognes qui sont devenues ennuyeuses, sans signification et qui ne procurent qu’un sentiment d’exténuation et de vide. Tout homme libre ne peut être qu’estomaqué par tous ces experts du système néolibéral qui n’ont aucun scrupule à recourir à des arguments prétendument objectifs mais qui ne visent, en fait, qu’à pérenniser un enseignement dédié au système en place. Mais au lieu de les réprouver, ces « devins » sont partout acclamés dans un bain de jouvence permanent ; sachant que lorsque le mensonge tronque le débat sur l’enseignement, le citoyen ne peut que s’en détourner. Faire reculer les frontières de l’inconnu, se mettre au service de l’autre, de façon engagée, ce sont là, les nobles missions d’un enseignement qualifiant. Mais de cet engagement, les clercs s’en sont détournés. Ils se sont alignés sur le « politiquement correct » et ce faisant, ils se sont éloignés des passions contemporaines, sachant que l’engagement conduit à être partisan et à ne pas s’écarter de l’honnêteté intellectuelle ; en fait, le silence et l’indifférence à la situation alarmante de l’enseignement constituent une trahison des clercs. IV.2 – Narcissisme Le nouveau Narcisse, produit de l’enseignement actuel, est hanté par l’anxiété et il se complait dans l’indécision, au point qu’il doute de la réalité même de sa propre existence. Faussement tolérant, il montre peu de goût au développement des idées ; il se sent en compétition avec tout ce qui l’entoure, pour l’obtention des faveurs que dispense le pouvoir, vivant ainsi dans une hypocrisie permanente. En effet, pendant qu’en apparence le narcisse prône la coopération et le travail en équipe, il nourrit en cachette des impulsions antisociales. Pendant qu’il exalte le respect des règlements, il est secrètement convaincu qu’ils ne s’appliquent pas à lui. Avide de tout, il est âpre aux gains matériels, il vit dans un état de désir inquiet et perpétuellement inassouvi. Le Narcisse se soucie peu de l’avenir et n’accorde aucun intérêt au passé, qu’il identifie à des modes dépassées ; et toute évocation des référents socioculturels revêt, pour lui, une stigmatisation et une disqualification. Dans une telle situation, les décideurs, au lieu d’en juger par eux-mêmes, engagent des « experts » pour définir les besoins d’une société, dont ils ne connaissent ni les tenants ni les aboutissants ; et cela a transformé la société en un agrégat d’individus, toujours sujets à l’essoufflement et à l’éblouissement et qui errent entre la décadence et l’utopie technologique. Ainsi, le vivre actuel rime avec la perte du sens de la continuité historique ; la survie individuelle est perçue comme seule bannière et unique bien, sans aucune perspective de thérapie. Dans un tel état méandreux, l’homme narcissique est balloté entre l’idéalisation et la déception, entre la brillance et l’insignifiance, entre la passion et le désenchantement, entre l’arrogance et l’effacement : tout ce qui était destructible est détruit et le travail titanesque de reconstruction et de réconciliation passe par la régénération de l’histoire. Dans ce système narcissique, la famille a perdu ses fonctions de production et beaucoup de ses fonctions de reproduction ; elle n’élève ses enfants qu’avec l’aide d’experts dits qualifiés. Et la perte progressive de l’autonomie de la famille a fini par éroder les compétences quant à la construction de la vie sociétale, la rendant dépendante de l’Etat et de la grande entreprise néolibérale. Ainsi, l’individualisation aggrave l’insécurité que nulle irradiation de célébrité, de puissance ou de charisme ne peut endiguer ; et dans un tel contexte de doute, l’individu donne libre cours à sa rapacité et à sa cruauté meurtrière. L’individualisme, célébré comme un triomphe n’accorde aucune attention à l’avenir sociétal et libérer l’homme de ces notions exclusivistes, telle est la mission des tenants d’un enseignement qualifiant. Par ailleurs, les citoyens se métamorphosent -le culte de la célébrité aidant- en une foule d’admirateurs fanatiques, qui ne vivent que pour des rêves narcissiques, où ils s’identifient, constamment, à des célébrités, ce qui rend le vivre-ensemble hypothétique. IV.3 – Propagation de l’abrutissement Vouloir étendre l’enseignement à la totalité des groupes sociaux est l’un des phénomènes le plus notable de l’histoire moderne. Cependant, cette aventure présentée comme une démocratisation de l’enseignement n’a en aucune manière apporté des améliorations notables à la société, notamment dans la réduction des écarts entre les riches et les pauvres, et encore moins, dans l’amélioration de la qualité de la culture. Cette prétendue démocratisation a surtout participé, d’une manière espiègle, au déclin de la pensée critique et à l’avilissement des niveaux intellectuels. Il faut savoir que l’excellence du système de l’enseignement est par essence élitiste et que sa généralisation revient à cautionner un savoir linéaire, épidermique et démodé, loin de toute rigueur. En effet, un tel enseignement ne permet pas de maîtriser l’art du disputatio, du raisonnement et de la conceptualisation. Et cette situation hideuse a pollué tous les niveaux d’enseignement, au point que les enseignants ont perdu tout sens d’évaluer le degré d’ignorance des apprenants. Certes, le déclin du système de l’enseignement et l’abaissement des savoirs ne sont pas du seul fait de sa généralisation ; ils incombent, aussi, aux changements dictés par le système, dit moderne. Et cette « modernité » voudrait que l’école forme d’abord pour le travail ; sachant que la plupart des professions, même les mieux rémunérées n’exigent pas des niveaux de compétences techniques ou intellectuelles élevées. Les métiers sont devenus, de plus en plus, routiniers et n’exigent que des initiatives limitées. En fait, l’état de délabrement du système de l’enseignement n’est que le miroir de l’état d’aliénation de la société vis-à-vis du système entrepreneurial.  La société actuelle se suffit d’une population abrutie et résignée à se satisfaire d’une occupation banale, déconnexée de toute satisfaction personnelle ; le tout résultant du système d’instruction en crise qui trouve son explication dans la fausse croyance selon laquelle la société n’a nul besoin d’esprits supérieurs pour créer et faire fonctionner les affaires de l’Etat. Lequel Etat n’a besoin que d’un statu quo, où l’endoctrinement et le contrôle social constituent les seuls objectifs à atteindre, loin de tout enseignement rigoureux de l’histoire, des sciences politiques, de la philosophie… IV.4 – Atrophie des compétences La généralisation de l’enseignement de masse a affecté les privilégiés eux-mêmes et a produit de nouvelles formes d’ignorance. Ainsi, les enseignants sont en face d’un public qui est incapable d’assimiler jusqu’aux éléments les plus élémentaires, du fait de la consommation de la télé, des moyens informatiques… qui « misérabilisent » le langage  et qui rendent la culture et les manuels inintelligibles. Il ressort qu’il est de plus en plus difficile aux jeunes, voire aux adultes de manier l’outil de communication et des langues avec aisance, pour explorer les faits fondamentaux pour la compréhension du pays. Le niveau de l’enseignement baisse manifestement et ses victimes tant parmi les enseignants que parmi les apprenties finissent par croire à toutes explications avancées par les « experts ». Dans tous les établissements, l’aptitude à utiliser avec efficience le langage pour l’acquisition des connaissances, à l’effet de développer le raisonnement et la critique ne cessent de subir des détériorations gravissimes ; et ceci se traduit par un déficit qui engendre à son tour une incapacité à conceptualiser. Dans un tel état d’esprit, la survie des libertés politiques semble bien compromise : la généralisation, loin de créer une communauté de citoyens qui se gouverneraient eux-mêmes, a contribué à la banalisation de l’abrutissement intellectuel et à une passivité politique. En effet, le système dit moderne voudrait que l’enseignement ne prépare que pour des métiers manuels ; il ne veut faire de ses membres que des travailleurs qui produisent plus car la discipline dans le travail est à la société néolibérale ce que l’endoctrinement est à l’initiation politique. Et dans ce cadre, l’enseignement de masse a abouti à une sorte d’endoctrinement rigide et ce rejet de toutes les valeurs a donné naissance à une bureaucratie sans imagination et à un système de formation déconnectée de la réalité. Et les effets néfastes de ces changements commencent à peine à se faire sentir, particulièrement ceux de dessaisir la famille de son rôle éducationnel qui était non seulement un instrument d’éducation, mais aussi de socialisation. Cependant, l’enseignement n’a pas pour rôle d’assurer la mission de socialisation et de prendre en charge les fonctions de la famille ou de servir d’agent de recrutement pour l’industrie. L’enseignement n’a pour seule responsabilité que d’assurer une formation intellectuelle fondamentale qui peut être appropriée par tous et de créer des scientifiques et des techniciens de haut niveau. Cependant, en lieux et places, le système mit en place un enseignement de moindre résistance, à l’effet de le rendre moins rigoureux possible, de pacifier les apprenants et ainsi éviter toute confrontation ; et ceux-ci sont traités comme s’ils étaient incapables de mûrir pour assurer des responsabilités et de ce fait, les enseignants sont transformés en monstres inutiles. Il ne leur est plus demandé que d’assurer un enseignement minimal, mais de pousser les apprenants, chaque année, dans la classe supérieure, puis approximativement dans le monde. De même, les forces –dont on attend qu’elles aillent à l’encontre des tendances narcissiques et réversibles de l’enseignement actuel- participent pleinement au complot d’abrutissement, par la dilution de l’enseignement public, l’abaissement des niveaux intellectuels, la régression de l’apprentissage des langues, l’abandon et la discréditation des matières classiques (histoire, philosophie, littérature…). Cette manœuvre vise à remplacer les disciplines classiques par des matières dites modernes et cela a généré l’amenuisement de l’esprit critique et d’analyse. Et cette situation a conduit à la confusion dangereuse entre la bureaucratie éducative et l’éducation elle-même, ainsi qu’à l’érosion des niveaux de l’enseignement et de la créativité pédagogique. Cette situation de l’enseignement divise les intervenants dans ce secteur en partisans du statu quo et en ceux qui le rejettent, mais aucune de ces factions n’arrive, jusqu’à présent, à exposer un projet sociétal cohérent de l’enseignement. Ces atermoiements ont fait perdre de vue les grandes orientations d’ensemble et les buts généraux de l’enseignement ainsi que l’isolement de l’enseignant : hypocrisie de façade qui permet aux institutions de l’enseignement de continuer à assurer un enseignement de « paraître » et aux administrations d’obtenir des fonds.  Le choix d’arrimer l’enseignement aux besoins du système néolibéral, avec toutes les compromissions, présentées comme indispensables, rendit les enseignants incapables de prendre part aux changements sociétaux. Et cette dépendance vis-à-vis de la machine néolibérale déprédatrice est tellement criarde, au point que la réputation, les savoirs et les diplômes des meilleurs établissements et des meilleurs étudiants sont devenus suspects. En effet, un anti-intellectualisme ahurissant a phagocyté toute la société, au point de neutraliser la critique sociale. Dans cette logique, l’enseignement est devenu synonyme de travailler moins et d’évitement de jugements sur la qualité du travail accompli, par la disparition des notes ; et cela a généré un enseignement à programmes dénués d’exigences intellectuelles et à valeurs minimales. Dans un tel contexte, les référents sont devenus incompréhensibles, favorisant, ainsi, l’avènement d’un nouvel obscurantisme qui assombrit et « voile » les référents socioculturels, pourtant seules armes de résistance de tout peuple. Il ne reste plus de choix que cet enseignement approximatif et une science dite « spécialisée » qui retient de plus en plus l’attention, celle des experts aux langages hermétique. L’enseignement antan, symbole et source de sagesse, est en déperdition, il est même rangé dans les tiroirs des « littératures inappropriées », un monde dont il faut s’en détourner. L’actuel système de l’enseignement paralyse l’esprit d’analyse, en ce sens qu’il inculque des notions prédigérées qui anéantissent le vivre-authentique des apprenants et les laisse désarmés devant les actes les plus simples ; seul ce qui est dicté par le système consumériste est accessible, il ne laisse rien au hasard, sauf un enseignement efficient. Une société intégrée a besoin d’une force de travail, particulièrement dans le domaine de l’enseignement qui permettrait sa reproduction ; laquelle occupation est certes socialisante, mais qui doit laisser intactes celles de la famille, combien primordiales, dans l’éducation de l’éthique, de l’équité et des valeurs et ce, pour que ces rôles ne soient assurés que par des professionnels. V – Quel enseignement ? La démocratisation de l’enseignement a pour objectif de participer à la formation de cadres compétents et de travailleurs efficaces. De même, un citoyen instruit et conscient de l’ampleur de ses libertés saurait se défendre contre tout dépassement des « sages experts » ; et ce citoyen, que les attraits de l’économisme n’impressionneraient guère, serait à même de détecter la fraude intellectuelle, sous quelque forme qu’elle se présente.  Ainsi, la démocratisation de l’enseignement permettrait ainsi d’extraire l’apprenant à toute influence mystificatrice et assujettissante du système abrutissant et abêtissant dirigé par la bureaucratie professionnelle centralisée. V.1 – Efficacité de l’enseignement et apprentissage Lorsque l’enseignant perd son rôle tangible et ne préside plus à l’ingéniosité humaine, il se décrédibilise et cette abstraction, de celui qui est sensé révéler le droit chemin, finit par faire douter de la réalité du monde extérieur ; situation qui pousse l’individu à se réfugier dans des nébuleuses de réseaux pour le moins opaques. Sachant que l’apprentissage aide à raffermir l’audace et à pallier l’incertitude… sachant aussi que le risque tout comme le ludique sont ontologiques. Parce que certains lobbies laissent croire qu’ils maîtrisent les besoins et les intérêts des masses mieux qu’elles ne les comprennent elles-mêmes, confondant, ainsi, socialisation et endoctrinement. Parce qu’ils gouvernent par l’intermédiaire d’un système d’experts, ostensiblement suffisants et infatués et dans le cadre d’une « phallocratie martiale », partant du dicton qui dit certes, « gagner n’est pas le plus important c’est la chose qui compte ». L’enseignement ne doit pas être neutre, car la vie ne l’est pas. En outre, l’idéal n’est pas le statu quo, mais la quête d’un enseignement qualifiant et valorisant ; alors que les clercs de l’actuel système font prévaloir l’ « utile » et le « politiquement correct », au détriment du disputatio et du jeu de l’esprit. En régénérant un enseignement qualifiant et en ressuscitant une société qui s’identifie à l’excellence intellectuelle, la société enclencherait un travail social intégrateur et un développement qui permettrait de faire revenir l’éthique, l’équité, les valeurs et la morale au-devant de la scène, en tant que fondamentaux ontologiques. L’enseignement qualifiant ne leurre pas le citoyen et il se présente comme une version correctrice de la réalité dysfonctionnée, à l’effet de pallier la vision controuvée du prétendu projet sociétal, tant galvaudée, mais qui n’est qu’une succession d’imperfections et d’anxiétés que la propagande et la publicité s’efforcent de transformer en une apparence réelle. De même, un système d’enseignement qui sous-tend une société intégrée ne peut se suffire d’un consensus sur un enseignement réversible ; aussi, faut-il s’interroger à la fois sur la communauté de l’enseignement, sur les enseignants, sur les administrateurs des institutions de l’enseignement, sur les parents et même sur le système de placement des enfants. En effet, introduire dans l’enseignement des valeurs humanistes doit constituer l’une des méthodes, à même de régénérer les fondamentaux de la vie en société, à savoir le respect, la bienveillance, la responsabilité, la coopération, la confiance, l’ouverture, la patience, le courage, l’honnêteté, l’humilité, la gratitude, l’espoir, la générosité… ce qui suppose d’œuvrer en commun et de réfléchir sur la façon d’associer au mieux les compétences de chacun.  [...]Lire la suite…
7 mars 2024Actualités CERRITDans un effort concerté visant à renforcer la résilience des communautés face aux menaces naturelles, les autorités locales ont récemment lancé une initiative ambitieuse de gestion des risques territoriaux. Cette stratégie novatrice vise à mieux anticiper, prévenir et réagir aux dangers potentiels, en mettant l’accent sur la protection des populations et des infrastructures. Évaluation Précise des Risques : En utilisant les dernières technologies de cartographie géospatiale et en tenant compte des données sismiques et climatiques, les autorités entreprennent une évaluation exhaustive des risques territoriaux. Cela permettra une identification précise des zones vulnérables et des menaces potentielles. Planification d’Urgence et Évacuation : La mise en place de plans d’urgence efficaces est une priorité. Des protocoles d’évacuation seront élaborés, intégrant des itinéraires sécurisés et des centres d’accueil pour garantir la sécurité des habitants en cas d’urgence. Normes de Construction et Rénovation : Les autorités travailleront en étroite collaboration avec les organismes de réglementation pour renforcer les normes de construction parasismiques et anti-inondations. Les projets de rénovation urbaine seront également alignés sur ces critères pour minimiser les risques structurels. Sensibilisation Communautaire : Une campagne de sensibilisation communautaire sera lancée pour informer les résidents sur les risques potentiels et les mesures préventives à prendre. Des ateliers éducatifs seront organisés pour renforcer la préparation individuelle et collective. Partenariats Publics et Privés : L’initiative repose sur des partenariats solides entre les secteurs public et privé. Les entreprises seront encouragées à intégrer des normes de gestion des risques dans leurs opérations, tandis que les autorités fourniront un cadre réglementaire propice à la collaboration et à l’investissement. Engagement envers un Avenir Plus Sûr : Cette initiative représente une étape significative vers la création de communautés plus résilientes et préparées. En intégrant des pratiques de gestion des risques territoriaux dans la planification urbaine et les politiques de construction, les autorités démontrent un engagement envers la sécurité à long terme de leurs citoyens. La gestion des risques territoriaux émerge ainsi comme une priorité essentielle, mettant en lumière l’importance de la préparation face aux aléas naturels et renforçant la capacité des communautés à faire face aux défis futurs. [...]Lire la suite…